Quelle France voulons-nous raconter ? Des Jeux olympiques au Stade de France

Quelle France voulons-nous raconter ? Des Jeux olympiques au Stade de France

Il y a parfois des images qui en disent plus long qu’un discours.

En quelques années, deux spectacles organisés en France ont offert deux représentations très différentes de notre pays.

D’un côté, la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.

De l’autre, deux ans plus tard, le Stade de France rempli de jeunes venus rencontrer le pape Léon XIV.

Deux événements différents. Deux intentions différentes.

Mais deux images de la France qui méritent d’être regardées.

I. Les Jeux olympiques : une France qui tourne le dos à ses racines.

Le 26 juillet 2024, le monde entier avait les yeux tournés vers Paris.

La cérémonie d’ouverture voulait montrer une France contemporaine, artistique, audacieuse et capable de repousser les limites.

Elle fut aussi profondément controversée.

La représentation de Marie-Antoinette décapitée rappelait de manière spectaculaire l'une des périodes les plus violentes de notre histoire.

Mais c'est surtout une scène autour d'une longue table qui provoqua une immense réaction chez les chrétiens. Sa composition fut largement perçue comme une référence à la Cène de Léonard de Vinci.

Les organisateurs ont expliqué qu'il s'agissait d'une référence à Dionysos et à l'univers des dieux grecs. Mais cette explication n'a pas empêché de nombreux chrétiens de se sentir blessés.

La Conférence des évêques de France a dénoncé des « scènes de dérision et de moquerie du christianisme ». Le Saint-Siège a lui aussi exprimé sa tristesse devant certaines scènes et l'offense ressentie par de nombreux chrétiens et croyants.

Le problème n'était donc pas le sport.

Ni même la volonté de créer une cérémonie moderne.

La question était plutôt celle-ci :

quand la France veut-elle se raconter au monde, quelle place donne-t-elle à son héritage chrétien ?

Car on peut vouloir une France moderne sans vouloir une France amputée de son histoire.

Et c'est justement ce qui rend les images du Stade de France si différentes.


II. Le Stade de France : une France qui retrouve ses racines

Le 25 septembre 2026, le même pays a offert une autre image.

Au Stade de France, 80 000 jeunes se sont réunis pour une veillée de prière avec le pape Léon XIV. Les places avaient été réservées en seulement trente minutes, réunissant des jeunes venus de toute la France et de sensibilités très différentes au sein de l'Église. (dioceseparis.fr)

Cette fois, la France présentée sur scène était celle de ses racines chrétiennes.

Une immense chorale de 2 500 voix, des chants, la prière, la Sainte Tunique d'Argenteuil et surtout une succession de figures qui ont profondément marqué l'histoire chrétienne de notre pays. (vaticannews.va)

Sainte Thérèse de Lisieux, Saint Louis, Sainte Geneviève, Saint Vincent de Paul, Sainte Bernadette, Saint Jean-Marie Vianney, Saint François de Sales, Saint Charles de Foucauld et tant d'autres.

Puis Jeanne d'Arc.

Jeanne d'Arc à cheval, entourée de chevaliers, avec tout l'imaginaire de la chevalerie française : chevaux, armures, étendards et symboles héraldiques.

Tout ce que certains considèrent parfois comme une histoire ancienne était soudain au centre du Stade de France.

Et ce qui est peut-être le plus frappant, c'est que cette histoire n'était pas présentée comme une simple pièce de musée. Elle était vécue.

Des dizaines de milliers de jeunes chantaient et priaient ensemble. Ils ne regardaient pas simplement une histoire appartenant au passé : ils se reconnaissaient dans une foi et dans un héritage communs.

Le christianisme français n'est pas seulement une histoire de pierres, de cathédrales et de vieux tableaux. Il existe encore dans ceux qui prient, dans ceux qui chantent, dans ceux qui transmettent et dans ceux qui se rassemblent.

Pendant quelques heures, une communauté immense s'est reconnue dans une histoire commune, une histoire qui dépasse les générations et même les frontières françaises.

Une histoire qui a façonné la France

Car il faut se souvenir d'où nous venons.

Du baptême de Clovis aux grandes cathédrales, des monastères aux pèlerinages, de Saint Louis à Jeanne d'Arc, de Sainte Geneviève à Sainte Thérèse : pendant des siècles, le christianisme a profondément façonné la France.

Il a marqué son architecture, son art, ses traditions, ses fêtes, ses institutions, ses paysages et son imaginaire.

Il a aussi donné naissance à des générations d'hommes et de femmes qui ont consacré leur vie à Dieu et aux autres.

Nier la place du christianisme dans l'histoire serait absurde.

Car pour les chrétiens, il y a quelque chose de plus profond encore :

sans le Christ, la France n'aurait jamais été la France qu'elle est devenue.

Des racines qui sont toujours vivantes

C'est peut-être ce que le Stade de France a montré de plus beau.

Le christianisme français n'est pas seulement une histoire ancienne. Il vit encore dans ceux qui prient, dans ceux qui chantent, dans ceux qui transmettent et dans ceux qui se rassemblent.

Et dans cette jeunesse qui, en 2026, était capable de remplir le Stade de France autour du Christ et des saints de France.

Pendant quelques heures, une communauté immense s'est reconnue dans une histoire commune.

Une histoire qui dépasse les générations.

Une histoire qui dépasse même les frontières françaises.

Des hommes. Des saints. Des rois. Des chevaliers. Des terres. Des racines.

Ses racines chrétiennes sont toujours là.

Et si nous voulons qu'elles vivent encore demain, il nous appartient de les connaître, de les aimer et de les transmettre.